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REGISTRES DU
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attendu que le nombre desd, mestiers est augmenté, et qu'il est à pressuposer qu'ilz garderont la Ville plus fidellement que les estranges O.
temps passé, etque les bourgeois et habitans d'icelle Ville se gardent eulx mesmes, ce qu'ilz pourront encores myeulx faire qu'ilz n'ont faict par cy devant,
CXXXVI.
Pour l'entrée du
2 avril 1561.
Roy. Lettres de la Royne.
(Fol. 90 v°.)
"Donné à Fontainebleaue, le xxvne jour de Mars mil vc lx."
Signé : CHARLES.
Et au dessoubz : de L'Aubespine.
"Mess", vous entendrez du seigneur de Lezigny, present porteur, comme il a esté advisé faire faire l'entrée du Roy, monsr mon filz, à Paris le x0 jour de Juing, ainsi que luy mesmes le vous escript, vous priant de vostre part donner ordre aux preparatifz qui y sont neccessaires, et faisant les choses hon­nestes, ne vous mettre pourtant en trop de des­pence. Priant Dieu, Mess™, vous donner ce que desirez.
"De Fontainebleaue, le xxvnc jour de Mars mil v° lx ''i. n
Du u" jour d'Avril mil vc lx. Au jour d'uy, ont esté apportées par le seigneur de Lezigny, maistre d'hostel du Roy, les lettres, dont la teneur ensuit :
27 mars. De par le Roy.
"Trés chers et bien amez, nous avons, par l'avis de la Royne, nostre trés honnorée dame et mere, et de nostre oncle le Roy de Navarre, résolu nostre entrée à Paris environ le dixiesme jour du moys de Juing prochain'2', dont nous avons bien youllu vous advertir par le seigneur de Lezigny, nostre conseiller et maistre d'hostel ordinaire, present porteur, affin de vous preparer et donner ordre de bonne heure à ce qui sera neccessaire dc vostre part pour nous y recevoir, croiant au demourant ce que sur ce vous dira led. sr de Lezigny de nostre part, tout ainsi que vous feriez nous mesmes.
sujet et ordonna de procéder à nia visitation de la màladerie de la banlieue, en laquelle se faisoit une assemblée de volleurs, ribleurs et destrousseurs de passans n. Lo 4 février suivant, la Cour alloua io livres parisis à quatre archers à cheval et dix-huit archers à pied du guet de la Ville pour veiller à la capture -d'aucuns volleurs et destrousseurs de personnes sur le grand chemin du Bourg la Royne, que l'on dict faire leur retraict et aguet pour Ia destroussé en icelle màladerie qui est. inhabitée». (Archive* nationales, Parlement de Paris, X1' 1596, fol. 190 r°, 293 v°.)
O La mise on vigueur des édit de mai 1559 et déclaration du 12 novembre 156o, réglementant le guet à Paris, préoccupait vive­ment l'Echevinage en raison des charges nouvelles qui allaient peser sur la population parisienne. Le Parlement, après avoir pris les avis des officiers du Châtelet et du corps de Ville, décida le 3 mai 156i que les archers du guet, au nombre de 120 à pied et 3a à cheval, seraient choisis parmi les artisans, que les gens des Métiers seraient tenus, sans exception aucune, de contribuer à leur paye­ment, qu'indépendamment de cette contribution levée de six mois en six mois par les jurés des Métiers, l'Echevinage, d'une part, les hauts justiciers de Paris, d'autre part, devraient fournir respectivement une somme de 1,200 livres; le 16 mai suivant, en interpré­tant son arret du 3 mai, la Cour ordonna que la part de la Ville se solderait chaque année en deux termes et que les hauts justi­ciers, tant de la Ville que des faubourgs., seraient tenus de faire la répartition des 1,200 livres qui leur étaient imposées dans le délai d'un mois. Tout aussitôt les Prévôt des Marchands et Echevins prolestèrent contre cet impot forcé, prétendant n'avoir aucuns fonds disponibles et transmirent leurs doléances à Catherine de Médicis, qui, le 14 juillet, tit inviter le Parlement à répartir cette taxe sur tous les habitants, déclarant qu'elle payerait sa quote-part et que les princes suivraient son exemple. Le 17 juillet, l'Echevi­nage fut mandé parla Cour et mis cn demeure de réaliser la somme de 1,200 livres, soit par la suppression des dragées et hypocras, soit sur les premiers offices municipaux qui viendraient à vaquer. Une assemblée spécialement convoquée au Palais, comprenant deux conseillers de chacune des Chambres du Parlement, les gens du Roi, les officiers du Châtelet, les Prévôt des Marchands et Eche­vins et deux notables bourgeois de chaque quartier, arrêta définitivement le texte des articles relatifs à la composition et au payement du guet, tels qu'ils se trouvent indiqués dans l'ordonnance du 2 septembre 1561, confirmalive de l'édit de mai i55g et de la décla­ration rendue le 25 juillet i56i. La solde des 200 archers composant le guet fut fixée à la somme de 16,960 livres, recouvrable par une assignation de 2,4oo livres sur la recette du domaine de la Ville, par une contribution de 1,5oo livres sur les hauts justiciers et par une cotisation de 20 sols tournois sur chaque habitant de la Ville et de 5 sols tournois sur chaque habitant des faubourgs. {Archive! nationales, Parlement de Paris, X" ^97, fol. 88 r°, 161 v°; X1" i598, fol. 27 r°, 33.v°, 107 r°. X"8624, fol. 128.)
(2) L'entrée de Charles IX à Paris, fixée d'abord au io juin, fut remise au 20 juillet et ajournée au i5 janvier suivant.
'3) Celte lettre n'est point comprise dans le recueil des Lettres de Catherine de Médicis; à la date du 2- mars i56i (t. I, p. 179) figure une lettre conçue dans les mêmes termes et adressée au Parlement, pour l'aviser de l'entrée prochaine du Roi.